Le chien-loup de Saarloos, c’est AUSSI

Un très grand besoin de stabilité

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Il n’y a rien de plus déstabilisant pour le chien qu’un maître inconstant et/ou nerveux, ce qu’il est aisé de comprendre : lorsqu’il s’agit, pour nous autres, d’accorder notre confiance, nous allons forcément chercher à savoir si la personne que nous avons en face est fiable. Il en va de même pour le chien !

La nervosité et l’inconstance sont les deux signes les plus évidents d’instabilité (et par extension de non-fiabilité) aisément perçus par le chien. Ceci est d’autant plus vrai lorsque l’on parle du chien-loup de Saarloos, si près qu’il est de son cousin sauvage, dont la survie dépend en grande partie des capacités de chacun des membres de la meute.

Un bon maître est calme, patient et à l’écoute. Il sait se faire respecter et intervenir de manière juste, c’est-à-dire immédiate et en rapport direct avec la faute (en intensité comme dans le choix de la nature de la correction).  Les règles doivent être clairement établies pour créer un cadre dans lequel le chien se sente en sécurité. Plus l’environnement est stable et calme, plus le chien s’y sent bien.  Cela ne signifie absolument pas qu’il faille créer une routine minutée (bien souvent anxiogène), mais simplement évoluer dans un cadre compréhensible.

Imaginez un instant : vous êtes plongé dans un drôle de monde. Des individus qui ne vous ressemblent pas du tout vous parlent une langue que vous ne comprenez pas… Les repères que vous allez réussir à créer seront liés aux conséquences des actions que vous entreprendrez. Si ces conséquences se trouvent être différentes à chaque fois, il vous sera absolument impossible de vous adapter à ce monde, vous finirez prostré, incompris et malheureux.

Ce petit exemple permet de se rappeler chaque jour ce que nous demandons à nos chiens sur le plan de l’adaptation. C’est à nous de créer un langage compréhensible par une attitude adaptée et des codes clairs par des réponses cohérentes ; pas au chien, qui passe déjà ses journées entières à essayer de nous satisfaire !

Un très grand besoin de présence

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Une très grande réserve naturelle

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La réserve est au chien-loup de Saarloos ce que le rassemblement instinctif de moutons est au border collie : elle fait intimement partie de la race. Il est très facile d’en comprendre les raisons, puisqu’il s’agit clairement d’un élément hérité du loup. A l’état sauvage, savoir se méfier de l’inconnu est un facteur déterminant lorsqu’il s’agit de survivre !

Le chien-loup est donc méfiant à l’égard de tout individu étranger, méfiance qui s’étend souvent également aux objets nouveaux et situations inconnues.

Cet aspect me porte à penser que le chien-loup de Saarloos ne devrait jamais être acquis par des personnes ayant des objectifs ou un mode de vie diamétralement opposés à ce trait de caractère, qui, je le répète, est inhérent à la race elle-même et non un mythe issu de l’imagination débordante de ses amateurs.

Si la réserve est naturelle pour la race, il ne faut pas l’entretenir délibérément au détriment du chien, ni la confondre avec de l’anxiété, qui est un trouble comportemental. Pour que le chien-loup soit à l’aise dans notre société humaine, il est nécessaire qu’il soit capable de passer par-dessus certaines de ses craintes, ce qui s’obtient en consacrant à cet aspect de sa nature beaucoup de temps et de patience.
Sur ce plan comme sur bien d’autres, la socialisation du chiot est fondamentale pour obtenir un adulte équilibré !

Il est nécessaire de faire comprendre aux personnes non familiarisées avec la race que l’on aborde pas un chien-loup de Saarloos de la même manière qu’un retriever (même si, à mon avis, on devrait toujours aborder tout chien poliment et avec respect).

La confiance du chien-loup de Saarloos ne se force pas, elle se mérite et c’est à mes yeux l’un des aspects les plus fabuleux de la race.

Une propreté tardive

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Le chien-loup de Saarloos a tendance à mettre beaucoup de temps pour être complètement propre. Ce n’est pas vrai dans tous les cas, mais souvent constaté. Les raisons sont multiples et en débattre ici n’aurait pas d’intérêt. Il faut toutefois mettre en place rapidement un réel travail sur la propreté lorsque le chiot arrive à la maison, c’est un aspect à ne pas négliger.

Crédit photo : buzzinsolite

Pour vous y aider, nous avons consacré un chapitre à l’apprentissage de la propreté dans la rubrique « éducation ».

Un goût peu avéré pour la voiture

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La majorité des chiens-loups de Saarloos sont abominablement malades en voiture. Certains toute leur vie, d’autres seulement quelques mois ou les premières années. La voiture combine enfermement + mouvement, ce qui est peu confortable pour l’équilibre (mal des transports) ET anxiogène pour le chien-loup de Saarloos.

Crédit photo : guideduchien.com

Ce cumul engendre en général bave abondante, vomi, pipis et parfois même défécation.

Il faut donc, le plus tôt possible, donner à votre chien-loup l’occasion de se familiariser avec ce moyen de transport. La voiture doit absolument être associée à des événements positifs. Si les premiers transports se terminent uniquement chez le vétérinaire, on s’abonne à de nombreux mois odorants…

Les chiots de l’élevage sont transportés en voiture plusieurs fois par semaine avant leur départ. L’acquisition d’un box de transport est vivement recommandée, pour des raisons de sécurité, de confort et de diminution de l’anxiété.

Une tendance relativement marquée à la destruction

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Tous les chiots explorent leur environnement en goûtant ce qui s’y trouve. Il s’agit d’une phase normale de découverte du monde. Lorsque les dents définitives remplacent les dents de lait, tout jeune chien éprouve le besoin de mâchouiller. Toutefois, le chien-loup de Saarloos est un expert, en raison de la puissance et de l’efficacité de ses mâchoires et de sa dentition. Bien souvent, les destructions perpétrées à l’intérieur, sur le mobilier ou les effets personnels de la famille, sont liées à un mode de détention inadapté, à la solitude ou à l’anxiété.

Une tendance potentielle à la prédation

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Tous les chiens-loups de Saarloos ne sont pas nécessairement prédateurs, mais tous sont assurément des prédateurs potentiels. Il ne faut pas oublier que, de tous les instincts naturels du chien (quelle que soit la race dont on parle), il s’agit de celui que nous avons le moins réprimé au cours de la domestication.

Même les chiens de berger se servent de leur instinct de prédation pour canaliser les moutons ; l’apprentissage seul a permis de supprimer la phase finale : la mise à mort.

Le chien-loup de Saarloos, parce que ses racines sauvages sont très récentes, porte donc en lui une tendance particulièrement forte à la prédation, tout simplement parce que chasser, c’est survivre…

Il est tout à fait possible d’éduquer son chien-loup à respecter les autres animaux de la maison et à ne pas partir à la chasse lors des balades. Cependant, certains individus manifestent une tendance particulièrement vive à la prédation, parfois depuis leur plus jeune âge, qu’il est très difficile de corriger.

Un adulte qui a pris l’habitude de prédater continuera dans la plupart des cas. Ceci n’a rien à voir avec le fait d’avoir pris « goût au sang », ce qui tient plus de la légende, mais est simplement l’un des aspects instinctifs les plus difficiles à contrecarrer par l’éducation.

Il est impératif d’être bien conseillé par l’éleveur sur ce plan lors du choix du chiot et de garder à l’esprit que, même toutes précautions prises, la potentialité de se retrouver avec un individu prédateur existe bel et bien dans la race.

Une tendance potentielle à la fugue

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Le Saarloos est, selon moi, moins fugueur que d’autres races, telles certains nordiques. En principe, si le chien-loup considère sa famille humaine et canine comme sa meute, si l’on a travaillé le rappel et que l’on ne possède pas un sujet particulièrement prédateur, le chien-loup peut tout à fait se promener libre en compagnie de son maître.

La plupart des fugues se produisent en l’absence du maître, lorsque le chien-loup se trouve dans un enclos extérieur.

Certains éléments favorisent les fugues. Des chiens laissés à eux-mêmes dans un enclos mal sécurisé auront rapidement envie d’aller découvrir le monde (ensemble, on a moins peur de l’inconnu). Un chien-loup livré à lui-même tentera sans doute d’aller assouvir son besoin de compagnie, ou de trouver des femelles s’il s’agit d’un mâle.

Les fugues ne sont pas anodines, elles peuvent rapidement se transformer en habitude et/ou en situations graves, étant donné qu’un chien-loup de Saarloos en vadrouille ne se laisse en principe approcher que par son maître, et encore.

Il faut garder à l’esprit que, la plupart du temps, lorsque le chien s’enfuit de son enclos, c’est le maître qui est responsable et fautif, la plupart des fugues pouvant être évitées par la construction d’installations appropriées.

Un terrain favorable à l’apparition de troubles

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Le chien-loup de Saarloos se trouve à la frontière de deux mondes : le domestique et le sauvage ; le chien et le loup. Ceci fait son immense intérêt et amène également toutes sortes de difficultés dans sa gestion quotidienne. Incompris, le chien-loup de Saarloos l’est malheureusement trop souvent et assez facilement, ce qui explique de trop nombreux abandons qui laissent des traces profondes.

Toute personne qui acquiert un chien-loup doit être prête à s’en remettre à l’expérience de son éleveur et/ou à celle d’autres propriétaires plus aguerris et faire appel rapidement à un professionnel du comportement canin connaissant la race lors de l’apparition de troubles comportementaux.

 Ne pas présager de ses compétences et admettre que l’on a besoin d’aide

lorsque l’on ne comprend plus son chien-loup

permet d’éviter bien des drames.

WhiteBoard

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“Aimer les chiens, c’est aimer en eux ce que nous, les humains, avons de plus sûr et de meilleur ”

Madeleine Chapsal