L’apprentissage de la propreté

Au lieu de considérer chaque besoin fait dedans comme un échec,
considérez plutôt chaque besoin fait dehors comme un succès !

L’apprentissage de la propreté fait partie des premiers défis majeurs qui se posent lors de l’arrivée du chiot à la maison. S’il est négligé ou mal mis en place, les conséquences à long terme peuvent se révéler désastreuses.

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Avant toute chose, il convient de se souvenir que le chiot n’a pas encore suffisamment développé sa musculature pelvienne pour pouvoir se retenir durant de longues heures. Il est donc nécessaire de lui inculquer la notion de propreté graduellement, en tenant compte de sa race et de son âge.

Il est également fondamental que le chiot soit en bonne santé pour pouvoir travailler efficacement sur la propreté. Une infection urinaire ou des diarrhées, par exemple, doivent être traitées avant de commencer.

Le Chien-Loup de Saarloos fait partie des races dont on estime la propreté tardive. Toutefois, comme il est très intelligent, si l’on lui donne les moyens et le cadre adéquat pour apprendre, il n’y a pas de raison pour que les choses se passent mal.

Voici les 10 règles que nous adoptons avec nos chiens depuis toujours (et qui fonctionnent) :

Planning régulier

Nourrir un chiot régulièrement permet de s’assurer qu’il aura aussi des horaires relativement fixes pour faire ses besoins. Si l’on alimente son chiot correctement, avec des rations identiques en qualité et en quantité, le transit prend toujours à peu près le même temps. En général, le chiot a besoin de se soulager peu de temps après avoir mangé, bu, joué (toute forme d’excitation accélère le transit) et directement après le réveil. Il est préférable de lui proposer de sortir pour rien plutôt que d’attendre et de devoir sortir d’urgence.

Sorties régulières

Demander à un chiot en bas âge de se retenir pendant plusieurs heures, c’est accepter qu’il se soulage à l’intérieur. Lorsque le chiot est âgé de 10 à 15 semaines environ, lui permettre de sortir se soulager toutes les deux heures en journée est un bon rythme. Petit à petit, on va allonger progressivement les intervalles.

Lieu de sortie familier

Il est bon d’habituer le chiot à sortir faire ses besoins en terrain connu. Les odeurs familières l’aident à se concentrer, alors que les lieux inconnus auront tendance à le distraire. Il faut également garder à l’esprit que les chiots ont profondément en mémoire les terrains sur lesquels ils se sont soulagés durant les toutes premières semaines de leur vie. Par exemple, des chiots élevés en maternité carrelée ont tendance à rechercher un sol dur et froid pour faire leurs besoins. Il sera donc très important de définir ce qui convient le mieux à votre chiot et de vous y adapter, surtout les premières semaines. Une zone offrant plusieurs textures différentes est évidemment idéale.

Faire la différence entre la sortie hygiénique et la promenade

Ce point est fondamental et bien trop souvent négligé. La promenade et la sortie hygiénique doivent être clairement différenciées, et facilement identifiables par le chiot. La sortie hygiénique n’est ni une promenade, ni une séance de jeu. Il est important, à cette occasion, de ne sortir le chiot que pour faire ses besoins, de le récompenser et de le rentrer.

En promenade, on félicite les besoins faits dehors, mais on veillera à ne pas rentrer tout de suite après, pour éviter que le chiot associe le fait de s’être soulagé avec l’arrêt du plaisir de la promenade et/ou du jeu et le retour à la maison. Si la confusion est trop grande, le chiot risque d’apprendre à se retenir dans le but de rester dehors, ce qui amène naturellement au gros pipi dans la maison une fois la porte franchie…

Récompenser le bon comportement plutôt que punir le mauvais

La plupart des gens pensent que leur chiot est conscient d’avoir mal agi lorsqu’il s’est soulagé à l’intérieur. Ils en veulent pour preuve l’air abattu qu’il prend lors de la découverte du pipi.

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En général, cette interprétation est erronée. Le chiot décrypte simplement l’attitude de son maître et sait que cette attitude précède toujours une punition, raison pour laquelle il s’y attend. Mais il ne sait pas pour quelle raison il est puni, car il a oublié le pipi depuis longtemps.

Ces situations se produisent souvent (également dans d’autres circonstances), engendrant leur lot de punitions injustes et incomprises. Il est aujourd’hui admis et maintes fois prouvé que le renforcement positif est la méthode qui fonctionne le mieux avec les animaux, raison pour laquelle féliciter chaleureusement son chiot pour chaque pipi fait à l’extérieur et ignorer les besoins faits dedans est la meilleure stratégie. De plus, elle a l’avantage de ne pas créer de tension autour des besoins. Il faut prendre tout cela avec une bonne dose de patience et la distance appropriée. Ce n’est tout simplement pas grave !

Verbaliser

Utiliser un vocabulaire spécifique permet d’aider le chiot à l’associer à l’action voulue et à s’en souvenir. Lorsqu’il fait pipi spontanément, ne pas hésiter à lui dire « oui, pipi, brave » ou l’encourager à grands renforts de « va faire pipi ». Dites-vous bien que, même si tout le quartier en rit, ce sont les quinze prochaines années de vie commune avec votre chien que vous construisez, et qu’elles en valent largement la peine.

Observer

En général, le chiot tourne en rond, flaire le sol, cherche l’endroit propice. Observer son chiot est essentiel pour anticiper la nécessité d’une sortie. Si l’on comprend trop tard, il est encore possible de faire un bruit assez fort (par exemple en tapant un objet sur le comptoir de la cuisine mais pas d’éclats de voix !) pour qu’il s’interrompe par surprise, de le prendre, de le sortir immédiatement et de beaucoup le féliciter s’il se retient jusqu’à l’extérieur !

Et lorsque l’on est absent en journée ?

Malheureusement, il vous faudra alors sans doute plus de temps pour parvenir à une propreté complète. Si le chiot est en parc ou en boxe d’intérieur lors de vos absences (conseillé), il est possible de lui apprendre à se soulager sur des couches spéciales (tapis absorbants), vendues dans les commerces spécialisés, ou sur une zone recouverte de papier journal. Pour ce faire, il est recommandé d’y déposer une petite quantité de sa propre urine, qui le confortera dans l’idée que le lieu est prévu à cet effet. Il faudra toujours veiller à disposer la zone d’aisance au même endroit. Si votre chiot est libre dans la maison (fortement déconseillé), vous pouvez pratiquer de même, avec des chances de succès largement amoindries en raison du trop grand espace disponible.

Gestion de la nuit

La gestion de la nuit dépend à la fois du mode de détention et de la rapidité à laquelle vous souhaitez que votre chiot soit totalement propre. Vous pouvez lui laisser la possibilité de se soulager sur une zone prévue à cet effet, comme expliqué au point
précédent. Si vous voulez qu’il apprenne à se retenir dès que possible, il conviendra de vous lever pour lui au moins une fois dans la nuit (voir plus, selon la longueur de vos nuits). Dans le cas où il passe ses nuits en box (conseillé), demander à un chiot en bas âge de rester propre durant plus de 4 heures sans lui laisser la possibilité de faire ses besoins ailleurs que sous lui relève de la maltraitance.
En tous les cas, sortir le chiot le plus tard possible avant le coucher et le plus tôt possible au réveil est essentiel. Il ne faut pas laisser le chiot s’exciter exagérément le matin à votre venue, mais le sortir immédiatement faire ses besoins et le câliner après.
Enlevez toujours tout accès à l’eau depuis la dernière sortie du soir jusqu’au retour de la première sortie du matin ! Le chiot n’a absolument pas besoin de boire la nuit (sauf en cas de canicule), mais il risque de le faire pour s’occuper s’il s’ennuie, avec des conséquences évidentes…

Quand ça va mal…

Si vous peinez malgré tout, souvenez-vous que ce ne sont que quelques mois d’efforts et d’adaptation, autrement dit pas grand chose par rapport aux nombreuses années de bonheur qui vous attendent. Il faut également bien faire la différence entre un chien qui n’a pas acquis la propreté et la survenue d’accidents ponctuels. Une forte émotion (joie, peur) peut provoquer, même à l’âge adulte, l’émission d’urine (voir même la défécation dans le cas d’une grosse frayeur) sans signifier pour autant un défaut d’acquisition de la propreté.

Toutefois, le recours à un professionnel du comportement est indiqué dans les cas suivants :

  • Chiot qui continue de faire systématiquement (ou beaucoup trop souvent) ses besoins dans la maison après l’âge de 6 mois
  • Chiot qui défèque ou urine régulièrement et à priori volontairement sur des zones ou des objets appartenant à ses maîtres (lit, linge de maison, canapé…)

A lire également : La cage d’intérieur et son utilisation appropriée (à paraître)

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” Regarde ton chien dans les yeux et tu ne pourras pas affirmer qu’il n’a pas d’âme “

Victor Hugo