Les American Wolfdogs

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Le magnifique Mirza, AWD “middle-content”, à mon ami Seb (également auteur de la photo).

Depuis quelques années se développent de multiples sortes de chiens-loups, principalement aux Etats-Unis. On les appelle American Wolfdogs (AWD), chiens-loups américains ou chiens-loups US (appellations génériques).

Sous ces appellations se retrouve donc une grande disparité, qui rend l’univers des chiens-loups américains assez difficile à appréhender. On y parle surtout en terme de lignées, puisqu’aucune race n’est encore reconnue officiellement. On assiste ainsi occasionnellement à l’exportation d’individus sur le continent européen, où ils sont de plus en plus nombreux (même s’ils restent rares à l’heure actuelle, en regard du nombre de CLT et de CLS). Les lignées les plus connues actuellement sont les Northaids et les chiens-loups Spencer.

Un AWD peut être catégorisé en fonction du “degré” de loup présent dans sa généalogie, dans l’une des 3 catégories suivantes : low, middle ou high content. Si l’on se base sur les écrits de Nicole Wilde, l’une des spécialistes actuelles des hybrides, un contenu de 1 à 50% est considéré comme bas (low). Entre 51 et 75%, nous sommes face à un contenu moyen (middle). Passé 75% jusqu’à 99%, le contenu est élevé (high). Cependant, il n’existe actuellement aucune méthode fiable permettant de déterminer le pourcentage avec précision (et aucun test génétique non plus). Les estimations les plus pertinentes se fonderont donc sur la généalogie d’une part, mais aussi et surtout sur le phénotype et le comportement de l’individu concerné.

Pour mieux comprendre, petite immersion dans le domaine de l’hybridation, de ses mystères et bref aperçu des problématiques évidentes qui en découlent :

(Désolée pour les puristes, les explications qui suivent sont fortement simplifiées, pour être accessibles au plus grand nombre. Vous me pardonnerez donc les inévitables imprécisions.)

Un hybride entre un loup et un chien est appelé, en langage technique, un F1 (ou F désigne le nombre de génération après le croisement avec un loup pur).

Les chiots issus de deux animaux F1 seront donc des F2, et ainsi de suite.Comme vous l’avez compris, ce qui compte pour le nombre de F, c’est le nombre de générations qu’il faut remonter pour retrouver au moins un loup pur.

Par conséquent, si l’on croise des animaux issus d’un nombre de générations post-loup différent, par exemple un F2 avec un F7, leur progéniture sera F3 car, par rapport à un des parents, les chiots seront issus de la 3ème génération après le loup pur.

1er problème : grande imprécision au niveau du calcul du pourcentage de “sang” de loup :

F1 : facile : 50% chien et 50% loup.

Par contre, en F2, un chiot pourrait se retrouver pourvu d’un taux de sang de loup supérieur à celui de ses deux parents ! Eh oui, il suffirait pour cela que chacun de ses deux parents lui transmette plus de gènes lupins que de gènes canins. Et cette probabilité semble tout à fait réaliste à quiconque possède quelques notions de génétique…

Techniquement, un F2 peut donc présenter un “degré” de sang de loup extrêmement variable, de quelques faibles pourcents à presque 100%… Ne sachant donc pas précisément quel est le degré du F2 concerné, vous imaginez aisément ce qu’il en est du calcul sur les générations suivantes !

2ème problème découlant du premier : le F n’indique pas grand chose, voir plus rien, sur le contenu réel de gênes lupins dans un chien-loup !

Illustration : en croisant un individu F1 avec loup pur (on obtient, je le rappelle, des descendants F1, puisque l’un des deux parents est un loup), on se retrouve théoriquement en présence de descendants statistiquement 75 % loup et 25 % chien (il est utile de se souvenir que les moyennes ne s’appliquent pas à chaque individu, comme illustré juste au-dessus).

Lorsque l’on croise ces mêmes individus F1 (au degré de “sang” de loup élevé) entre eux, on obtient des F2, et en recroisant ces derniers entre eux on obtient du F3 (et ainsi de suite).

Cet exemple illustre comment il est possible d’obtenir, par exemple, des individus F5, qui seront autorisés à la détention dans la plupart des pays européens, mais à haut degré lupoïde.

On comprend donc que le nombre de générations séparant le chien-loup du loup pur ne constitue en aucun cas un indicateur fiable sur le type d’animal concerné, et que, par extension, la manière dont la plupart des pays légifèrent en matière de détention d’hybrides par les particuliers est tout à fait inadaptée si le but est d’éviter que des personnes sans connaissances spécifiques ne détiennent des animaux très proches du sauvage -dans leurs besoins et leur comportement-.

Certains éleveurs européens ayant leur propre vision du chien-loup (qu’il soit américain ou européen), mixent des AWD avec des chiens-loups de Saarloos ou tchécoslovaques. Mais, à côté de cela, certains éleveurs d’AWD restent sur leur(s) lignée(s), et poursuivent un vrai travail de sélection et d’amélioration, avec parfois l’espoir de donner naissance à une race stabilisée et reconnue.

Pour résumer, en Europe, on trouve donc des chiens-loups américains aux origines diverses, issus de croisements de différentes races de chiens et de différents types de loups. Il y a de grandes disparités morphologiques et comportementales entre les individus. Certains éleveurs imprègnent les chiots très jeunes à l’humain, afin de les sociabiliser un maximum, et certains chiens-loups américains sont ainsi moins craintifs que les Saarloos et certains chiens-loups tchécoslovaques.

De manière générale, il est important de bien garder à l’esprit que l’on a, en général, affaire à des animaux proches du loup (contenu moyen à haut), qui nécessitent impérativement connaissances, compétences et infrastructures pour être pleinement heureux. Leur beauté et leur prestance ne doivent en aucun cas faire oublier leurs besoins. C’est le cas de tous les chiens, quelle que soit leur race, mais le nombre d’abandons de chiens-loups augmente de manière alarmante ces dernières années (parallèlement à l’augmentation des naissances).

De plus, la plupart des lignées de chiens-loups américains présentent le Winter Wolf Syndrome (irritabilité des individus des deux sexes au moment des chaleurs, due à la montée d’hormones) qui, s’il n’est pas correctement géré, peut entrainer des attaques dirigées sur l’humain.

Partons maintenant à la découverte des lignées les plus connues de chiens-loups américains…

Merci à Marie et Seb

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” Regarde ton chien dans les yeux et tu ne pourras pas affirmer qu’il n’a pas d’âme “

Victor Hugo